Par la Rédaction
ITOMBWE (SUD-KIVU) – Une ombre mortelle plane sur les hauts plateaux du Sud-Kivu. Alors que la zone de santé d’Itombwe sortait à peine d’une période d’insécurité, elle fait désormais face à une catastrophe sanitaire imminente. Une épidémie de choléra en progression rapide y a été déclarée, avec des risques de forte mortalité dans les prochaines 24 à 48 heures en l’absence d’une intervention d’urgence.
Après avoir touché les localités de Lubumba et Kitopo il y a quelques mois, la maladie s’est déplacée avec une vitesse alarmante vers les aires de santé de Kipupu, Malanda et Tulambo. Selon le rapport préoccupant de l’Hôpital général de référence de Mikenge (actuellement relocalisé à Kipupu), le bilan provisoire fait état de 31 cas enregistrés, dont 7 enfants, et 3 décès déjà constatés.
Une catastrophe humanitaire silencieuse
Les villages de Kiseke, Kipupu, Gongwe, Nabindi, Nalubombeko et Tumungu constituent désormais l’épicentre de cette flambée épidémique. La situation est d’autant plus dramatique que les structures sanitaires sont débordées et dépourvues d’intrants nécessaires. Les soignants, désemparés, voient les malades se déplacer de village en village à la recherche de soins, accélérant malheureusement la propagation du virus.
Derrière les statistiques, ce sont des familles endeuillées et des communautés terrorisées qui tentent de survivre. La situation est aggravée par des conditions sanitaires déplorables : absence d’eau potable, manque criant de latrines et absence totale de moyens de prévention.
Il est à noter que près de 80 % de la population affectée est constituée de personnes déplacées. Ces familles, ayant fui les violences dans les localités des hauts plateaux de Fizi, d’Itombwe et d’Uvira, sont aujourd’hui piégées et confrontées à un ennemi invisible.
Le paradoxe de l’accessibilité
Un espoir était né de la reprise de Mikenge par les FARDC, qui avait rendu la zone accessible via l’axe Uvira – Baraka – point zéro – Mikenge – Kipupu. Cependant, sur le terrain, le vide humanitaire persiste. Aucune organisation majeure n’est encore intervenue pour endiguer l’épidémie. L’ONG Médecins du Monde, active dans la zone, n’a pas encore répondu à l’appel de détente à l’heure où nous mettions sous presse.
La résilience communautaire comme dernier rempart
Face à l’inertie institutionnelle, les communautés locales tentent de s’organiser tant bien que mal. Des cotisations de 2 000 à 5 000 francs congolais sont collectées pour tenter d’acheter des médicaments, mais ces efforts communautaires restent largement insuffisants face à l’ampleur de la menace.
L’alerte a été officiellement lancée par le Dr M’munga Wilondja César, confirmée par le chef de secteur d’Itombwe, Monsieur Lubunga Batanguci Papy. Elle est relayée sur le terrain par la Radio Communautaire d’Itombwe de l’organisation Jeunes Solutions asbl, qui tente de briser le silence surrounding cette crise.
« Chaque minute compte. Chaque retard coûte des vies », rappellent les acteurs de terrain.
Jeunes Solution lance un appel pressant aux autorités sanitaires et aux partenaires humanitaires pour l’acheminement immédiat de médicaments et de kits de prise en charge via l’axe désormais ouvert.

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