Itombwe au bord de la catastrophe : le choléra progresse, les morts augmentent, alerte Jeunes Méthodistes ASBL

Itombwe au bord de la catastrophe : le choléra progresse, les morts augmentent, alerte Jeunes Méthodistes ASBL

Les villages de Kabumbu, Miki, Lubumba et Kitopo, dans la zone de santé d’Itombwe (Sud-Kivu), vivent actuellement une tragédie sanitaire silencieuse mais meurtrière.

Une épidémie de choléra s’y propage à une vitesse alarmante. Le premier cas a été confirmé il y a seulement quelques jours, mais la situation est déjà hors de contrôle. À ce jour, 52 cas sont confirmés et 9 personnes sont déjà décédées, parmi lesquelles des femmes, des enfants et des nourrissons. Derrière ces chiffres se cachent des familles brisées, des enfants devenus orphelins et des communautés plongées dans la peur.

Chaque jour qui passe augmente dramatiquement le risque de décès massifs. Sans médicaments, le choléra peut tuer en quelques heures par déshydratation aiguë. Des malades meurent sous les yeux impuissants de leurs proches, faute de sérums, d’antibiotiques et de sels de réhydratation orale. Si aucune action urgente n’est menée aujourd’hui ou demain, le nombre de cas pourrait doubler ou tripler en quelques jours, transformant cette épidémie en catastrophe humanitaire majeure.

Le village de Kabumbu, dans l’aire de santé de Kitopo, est l’épicentre de la crise. Plus de 45 cas et 5 décès y ont été enregistrés en une seule semaine. Les centres de santé de Miki et le centre hospitalier de Kitopo, déjà débordés, sont totalement à court de médicaments. Les malades se déplacent d’un village à l’autre à la recherche de soins inexistants, favorisant ainsi une propagation rapide et incontrôlée de la maladie. Cette situation annonce des décès en cascade si rien n’est fait immédiatement.

La zone est totalement enclavée, sans accès routier. Les communautés vivent dans des conditions extrêmement précaires, sans eau potable, sans latrines adéquates et sans matériel de prévention. Les populations autochtones de la forêt d’Itombwe, déjà fragilisées par la pauvreté et l’isolement, sont aujourd’hui abandonnées face à une urgence vitale. Le choléra menace de décimer des villages entiers, effaçant en quelques jours des familles et des générations.

Pourtant, une solution est encore possible. L’aérodrome de Miki est opérationnel et constitue une voie d’accès immédiate. Si les médicaments essentiels sont rendus disponibles et si un minimum de moyens financiers est mobilisé pour le transport, ils peuvent arriver sur le terrain en moins de 48 heures. Une réponse rapide permettrait d’arrêter la propagation, de sauver des vies et d’éviter un scénario irréversible.

La population locale est déjà mobilisée et prête à agir. Des cotisations communautaires, bien que très modestes (2 000 à 10 000 FC), sont organisées dans un effort désespéré pour acheter quelques médicaments à Uvira. Des hommes et des femmes sont prêts à marcher sur de longues distances, jour et nuit, pour acheminer les médicaments depuis Kipupu, Magunda et Mikenge vers les centres de santé de Miki, Lubumba et Kitopo. Des ressortissants de ces villages vivant à Uvira ont identifié des transporteurs prêts à intervenir si un appui financier minimal est disponible. La volonté est là, mais les moyens manquent cruellement.

Sans intervention immédiate, les prochaines 48 à 72 heures seront décisives. L’inaction aujourd’hui signifie des morts demain. Une action rapide, en revanche, peut encore changer le cours de cette crise, éviter des pertes humaines massives et redonner espoir à des communautés au bord du désespoir.

Cette alerte sanitaire urgente est émise par l’Infirmier Titulaire de Miki, Monsieur Bonne année Mutiki Cadet, relayée par l’Organisation « Jeunes Solutions », l’une des rares ONG intervenant dans la zone malgré des conditions difficiles, et diffusée par sa radio communautaire, la « Radio Communautaire d’Itombwe », principal outil d’information et d’éducation communautaire dans la région.

« Chaque minute compte. Chaque retard coûte des vies; agissons maintenant pour sauver des vies ».

Contacts :
Téléphone: +243 819 758 654, +243 992441480, +243 999 251 768
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